Je me suis levé, il y a peu de temps. Et déjà une envie irrésistible d'écrire. J'aime écrire, me libérer ainsi de mes peurs et de ce que j'ai envie de vous faire partager. D'ailleurs, je pense de plus en plus, après être sorti de ce tunnel, écrire un livre; simplement pour témoigner, pour raconter l'histoire d'un homme qui se croyait à l'abri de la maladie, sorte de héros invincible; et qui a découvert qu'il était tout simplement comme chaque humain sur cette Terre.
La période des vacances a débuté. Beaucoup de mes amis, ou même des cousins, sont partis, ou s'apprêtent à le faire: Rome, Birmanie, Viêt-Nam, au ski... Le voyage est un moment où chacun oublie ses soucis et vit en famille des moments inoubliables. Chacun se libère de son carcan quotidien, pour endosser l'habit du voyageur, c'est à dire un habit de liberté et de conquérant. Je leur souhaite de bien profiter et de revenir en forme pour la suite.
J'ai toujours aimé les voyages, mais depuis quelques années, je n'en fais plus beaucoup. Le dernier remonte à 2006, à Paris. 3 jours avec mes deux femmes. C'était magique. Nous nous sommes promis de partir voyager après tout ça. La destination: le Maroc ! Et puis, il y aura d'autres endroits.
Je projette aussi d'aller des restaurants gastronomiques, ou bien des endroits où l'on mange des plats que je n'ai pas l'habitude de manger. J'ai envie de goûter à tout, de savoir si certains produits, comme par exemple les huitres, sont vraiment excellentes comme on le raconte, moi qui n'ai jamais osé en manger.
Il y a aussi des projets plus sérieux; vais-je abandonner l'enseignement? Me lancer dans le rêve de ma vie: la production, la création?
Bref, la vie est prête à exploser entre mes mains et à donner le meilleur d'elle-même. Pour le moment, elle ne fait que rêver, projeter, imaginer et même envisager sérieusement la suite. Mais elle se retient, elle s'est mise entre parenthèses. Elle attend le moment où tout cela sera possible. Elle est impatiente, elle crève d'envie, mais elle sait qu'elle ne peut pas.
Les projets, si petits soient-ils, m'aident à avancer, à rêver et par certains moments, à faire semblant d'oublier ce qui m'arrive. Beaucoup de gens me disent de ne pas penser à ce coup de fil qui doit venir de la Timone, de vivre normalement. D'une part, je ne vis pas normalement; et d'autre part comment voulez-vous que j'oublie, ne serait-ce qu'un seul instant, qu'un cœur bat quelque part, et qu'il est pour moi? J'essaye juste d'être patient, mais ne peux oublier. Chaque soir, je m'endors avec cette petite angoisse d'être réveillé en pleine nuit. Et, même si ça devrait s'atténuer, jamais je ne pourrai la faire disparaître.
L'attente est la période la plus difficile dans le processus de la greffe. Tous les greffés vous le diront. Et seuls, les projets d'un avenir meilleur, de pouvoir un jour goûter des oursins, ou des huitres; de partir au Maroc, ou ailleurs; de produire mon premier grand spectacle professionnel; m'aident à tenir. Les rêves sont faits pour ça et parfois, ils se réalisent...
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